Dans un communiqué, daté du 9 mars 2005, l’Organisation Internationale de la Francophonie a annoncé que Port-au prince a été choisie comme siège de la célébration de la journée mondiale de la Francophonie. Monsieur Abdou Diouf, ancien président du Sénégal et actuel Secrétaire Général de l’Organisation Internationale de la Francophonie, séjourne en Haiti du 19 au 23 mars 2005. Cette décision, selon M. Diouf, est prise en solidarité avec Haiti qui, suite aux bouleversements politiques de 2004, mobilise toutes ses forces vives pour donner toutes ses chances au processus de transition démocratique.
Ce communiqué est une transgression violente à la philosophie de la Francophonie même. La commémoration, en 2004, du bicentenaire de l'indépendance du premier état nègre de la terre a été boycottée par les puissances colonialistes telle La France. En 2004, un président élu démocratiquement a été enlevé et exilé en Afrique. Ce coup d'état contre le droit des peuples a déjà coûté la vie à plus de 10.000 Haïtiens, provoqué l’exil à plus de trois mille citoyens et l’emprisonnement à de centaines d´autres, la transformation d'un centre universitaire en bases militaires, l'incendie d'un musée national et autres catastrophes nationales. La Francophonie se met ainsi au service du racisme, du colonialisme, de l'intolérance, de la violence et de l´obscurantisme et de l'exclusion sociale.
En Haiti moins de dix pour cent de la population parlent français. Le Secrétaire Général de la Francophonie doit se rappeler comme bon Africain et bon Sénégalais que l'île de Gorée au Sénégal fut le point de transit de la traite négrière vers les Amériques. Cependant Haiti fut le point de départ de l'abolition de la traite négrière vers l'Afrique. Haiti fut le tombeau de l'esclavage, le berceau de la libération des nègres de même que l'Afrique est le berceau de la Civilisation.
Aujourd'hui comme hier les intérêts colonialistes se moquent des grandes idées de civilisation. Des nègres à la tête d’Organisations Internationales ouvrent la porte à la manipulation politique. Avec Kofi Anan à la tête les Nations Unies, Haiti, le premier état nègre, est recolonisé par les troupes étrangères, l´année même du Bicentenaire de sa révolution anti-colonialiste et anti-esclavagiste. Alors que 2004 a été déclarée l’année de l'abolition de l'esclavage, Collin Powell, d'origine Jamaïcaine envoie des troupes américaines en Haiti où un nègre Jamaïcain dénommé Boukman, a réalisé l'unité africaine pour la grande insurrection des esclaves en 1791. Aujourd’hui Diouf à la tête de l’Organisation de la Francophonie appuie en Haiti un régime hors la loi, contesté par la majorité de la population haitienne. N'est-ce pas là une gifle à Léopold Sédar Senghor, le décolonisateur du Sénégal, le père de la négritude? N'est-ce pas un choc pour Cheik Anta Diop le grand écrivain, philosophe sénégalais, et auteur du célèbre ouvrage "Civilisation ou Barbarie" qui a repris aussi les idées d’Anténor Firmin dans l'égalité des races humaines", ouvrage qui a combattu la théorie raciste du Conte Arthur de Gobineau? Les Afro-Américains sensibles à leur héritage historique diraient que c'est de l’Uncletomisme, pire de la négrophobie, la métamorphose de la Francophonie , c’est de la Francofolie ou l'aphonie de la Francophonie .
Que les négrophiles crient "Caveant consules" et “non alea jacta est”.
Bell Angelot