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www.radionegritude.com  09 Novembre 2006

Nouvelles internationales; SUR NEGRITUDE FM ET AGENCE NEGRITUDE DE PRESSE

www.radionegritude.com  09 Novembre 2006

Défaite républicaine, George Bush se sépare de Donald Rumsfeld

DÉMISSION DE RUMSFELD

 

Le président George Bush s'est séparé mercredi de son secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, conséquence de la victoire la veille des démocrates aux élections législatives de mi-mandat qui ont notamment sanctionné la politique irakienne des républicains.

Les démocrates se sont emparés de la majorité à la Chambre des représentants et pourraient également prendre le contrôle du Sénat, où l'on n'attend plus que le résultat de Virginie qui décidera de la majorité.

DÉMISSION DE DONALD RUMSFELD

pentagon

Les dirigeants démocrates ont accueilli avec satisfaction le départ de Rumsfeld et, appelant de leurs voeux "un nouveau départ", ont souhaité l'organisation d'un sommet avec Bush sur la politique irakienne.

Bush, lors d'une conférence de presse, a reconnu que la situation en Irak ne correspondait pas à ses attentes, que les choses là-bas n'allaient "ni assez bien, ni assez vite" et qu'une "nouvelle perspective" était nécessaire.

Mais le chef de la Maison blanche, s'il a admis porter une large part de responsabilité dans la défaite de son parti, a souligné que le résultat des élections ne signifiait pas que les Etats-Unis étaient prêts à se retirer d'Irak.

"L'ennemi va se dire 'eh bien, cela signifie sûrement que l'Amérique va partir'. Et la réponse est: 'non'", a-t-il dit. "C'est un combat difficile, nous allons gagner ce combat."

Rumsfeld est remplacé par un ancien directeur de la CIA, Robert Gates, 63 ans.

En politique intérieure, le président a tendu la main aux démocrates, les invitant à collaborer jusqu'en 2008 avec l'administration républicaine. Il s'est dit convaincu de trouver des "terrains d'entente" sur des dossiers cruciaux comme le financement des retraites et des programmes de santé.

Ces élections de mi-mandat ont vu les démocrates progresser d'une trentaine de sièges à la Chambre des représentants, quand un gain de 15 sièges leur aurait suffi pour redevenir majoritaires au sein de cette assemblée de 435 élus entièrement renouvelée mardi.

Au Sénat, dont un tiers des 100 sièges était renouvelé, les jeux sont plus serrés.

Les démocrates devaient reprendre six sièges aux républicains pour s'emparer de la majorité. Ils en ont d'ores et déjà pris cinq (Missouri, Pennsylvanie, Ohio, Rhode Island, Montana).

INCERTITUDE EN VIRGINIE

En Virginie, le démocrate James Webb devance le républicain George Allen d'environ 7.000 voix sur plus de deux millions de bulletins déposés dans les urnes. Le dépouillement pourrait prendre une semaine et le vainqueur serait annoncé le 27 novembre. Mais en cas de nouveau comptage des voix, l'incertitude pourrait durer jusqu'en décembre.

Des recours devant les tribunaux ne sont en outre pas exclus, ce qui ferait revivre aux Américains l'expérience vécue lors de la présidentielle de 2000, lorsque l'élection de Bush ne fut acquise qu'après cinq semaines de bataille juridique.

Quel que soit le résultat au Sénat, les démocrates vont prendre la tête des différentes commissions de la Chambre des représentants, ce qui va leur donner la possibilité d'enquêter sur les aspects les plus contestés de la politique de George Bush, notamment dans les domaines diplomatiques, militaires et énergétiques.

L'élue démocrate de Californie Nancy Pelosi, considérée comme une "libérale" sur les questions de société, devrait devenir la première femme à assumer la présidence de la Chambre des représentants.

Le président lui a téléphoné mercredi matin, ainsi qu'à d'autres dirigeants démocrates. "Dans tous ces échanges, je dirais que s'est manifestée une ferme intention de faire preuve de bonne volonté et le président a dit que si le Congrès avait changé, les problèmes restaient les mêmes", a dit une porte-parole de la Maison blanche.

Outre les élections pour le parlement fédéral, les démocrates ont aussi enregistré des gains importants pour les postes de gouverneurs, en reprenant six Etats aux républicains et en obtenant une majorité de voix au plan national.

Ils ont également remporté la majorité des assemblées d'Etat.

Seul motif de satisfaction pour les conservateurs, les électeurs de sept Etats ont rejeté le mariage homosexuel lors de référendums organisés parallèlement aux scrutins locaux.

Forts de leurs gains au Congrès, les démocrates se sont engagés à mettre rapidement en oeuvre leur programme électoral, notamment sur une nouvelle pratique du pouvoir, sur la hausse du salaire minimum, sur la réduction des subventions à l'industrie pétrolière et sur le renforcement de la sécurité aux frontières.

Malgré leur fort mécontentement sur la conduite de la guerre en Irak, les électeurs américains ont placé les thèmes de la corruption et de l'éthique en tête des facteurs décisifs de leur vote, d'après un sondage réalisé pour CNN.

Le Parti républicain a été récemment éclaboussé par une série de scandales présumés de corruption ou de moeurs.

 

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Souveraineté sur l'Arctique

L'ambassadeur des États-Unis veut calmer le jeu

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 Sébastien Bovet explique en quoi l'Arctique est un sujet de discorde.

Politique — Autres nouvelles

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Critiqué par le premier ministre désigné, Stephen Harper, pour ses propos sur la souveraineté de l'Arctique, l'ambassadeur des États-Unis au Canada, David Wilkins, veut mettre un terme à la controverse.

 

Rencontrant la presse au terme d'un discours à la Chambre de commerce de Québec, M. Wilkins a déclaré que ses propos de mercredi à London ne faisaient qu'énoncer la position officielle des États-Unis sur la question de la souveraineté des eaux du passage du Nord-Ouest, dans l'Arctique.

Lors d'un échange avec des étudiants à l'Université Western Ontario, l'ambassadeur avait déclaré que Washington ne reconnaissait pas la souveraineté canadienne sur l'Arctique. Il avait ajouté que d'autres pays ne la reconnaissaient pas non plus, faisant référence à des pays européens, le Danemark entre autres.

M. Wilkins avait ajouté que l'intention du Canada d'intensifier sa présence dans l'Arctique revenait à « créer un problème là où il n'y en a pas », ce qui a entraîné une réaction de la part du premier ministre désigné Stephen Harper.

Jeudi, lors de son premier point de presse, M. Harper a adressé une rebuffade au représentant de la Maison-Blanche. « Les États-Unis défendent leur souveraineté, nous défendrons la nôtre. Nous tenons notre mandat de la population canadienne et non de l'ambassadeur des États-Unis », a déclaré le futur premier ministre, qui sera assermenté le 6 février.

 

Prudent, l'ambassadeur a rappelé vendredi que Washington défendait sa position sur la souveraineté territoriale de l'Arctique depuis plusieurs décennies.

Il a ajouté que s'il y a un problème à régler sur cette question, cela se fera de la façon habituelle, par un dialogue de gouvernement à gouvernement.

Interrogé par ailleurs sur les intentions du premier ministre désigné de consacrer plusieurs milliards de dollars au renforcement de la présence canadienne dans l'Arctique, l'ambassadeur américain a répondu que les décisions militaires canadiennes relevaient du gouvernement canadien.

Le 22 décembre, en pleine campagne électorale, M. Harper a annoncé qu'un gouvernement conservateur investirait plusieurs milliards de dollars pour assurer la souveraineté canadienne sur l'Arctique. Son plan prévoit la construction de trois brise-glace militaires et d'un port d'attache à Iqaluit.

Il a aussi promis la mise en place dans les eaux arctiques d'un réseau de détecteurs sous-marins pour garder l'oeil sur les navires étrangers, en plus d'affecter des avions à la surveillance du ciel nordique.

La question de la souveraineté sur l'Arctique est revenue à l'avant-plan de l'actualité au cours de la récente campagne électorale, quand des rumeurs ont fait état de la présence d'un sous-marin nucléaire américain dans le passage du Nord-Ouest.

Des observateurs font remarquer que la question de la souveraineté sur l'Arctique se pose avec de plus en plus d'acuité, au moment où la fonte des glaces permet de prévoir d'importantes activités de transport commercial dans cette région

www.radionegritude.com  28 janv 2006

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Un gouvernement conservateur pour le Canada[Surprenant!]

Le suspense est fini! Après une cinquantaine de jours de campagne électorale, les Canadiens ont finalement élu un gouvernement conservateur. Avec 124 députés élus, le gouvernement de Stephen Harper est un gouvernement minoritaire. Un gouvernement est minoritaire quand le nombre de députés des partis de l’opposition est supérieur au nombre de députés élus au sein du nouveau gouvernement. Stephen Harper devient le 22e premier ministre du Canada. C'est la première fois depuis 27 ans que le chef du gouvernement canadien n'est pas québécois. Quant à Paul Martin, il a annoncé qu'il démissionnera de son poste de chef du Parti libéral. (24 janvier 2006)

Qu'en penses-tu?

Commentaire envoyé par Kate le 24 janvier 2006 à 15:42:31

Je pense que Stephen Harper est déja mieux que Paul Martin mais se serait mieux si Gilles Duceppe etait au pouvoir.Je pense aussi,en accord avec mes amis,que si les jeune avait voté se ne serait pas Harper au pouvoir mais bien Duceppe meme si sa ne se peux pas.

www.radionegritude.com  23 janv 2006

 

Nsiku Moussa
Kinshasa

Voici quarante-cinq ans que le Congo avance à reculons dans l'histoire. Du peloton de tête où il se trouvait aux indépendances, il a été, au fil des ans, rattrapé par les autres pays du continent puis relégué à la queue.

Plusieurs analyses ont été faites de cette lente mais constante descente aux enfers, aussi bien par les anciennes puissances coloniales, l'Occident, que par les Congolais eux-mêmes. Diverses solutions ont été essayées, en vain. Chacune d'elles a été présentée comme La Solution, la Dernière chance, annonçant la terre promise enfin à quelques encablures. Il suffisait de marcher encore un peu. C'est l'environ qui nous mène, mène, mène,. c'est l'environ qui nous a menés au loin! La dernière «Dernière chance» a pour nom les élections. Il n'est pas illégitime de se montrer circonspect.

Si toutes les initiatives ont échoué, il faut bien se demander pourquoi afin de ne pas tomber dans les mêmes faiblesses. Agir dans la précipitation, ou dans l'énervement est totalement improductif. Et pourtant, c'est ce qui a toujours été fait par la communauté internationale et les Congolais, les premiers pour des raisons de contraintes budgétaires ou politiques de leurs pays (il faut des résultats rapides avant les prochaines échéances électorales), les seconds autant par manque de rigueur intellectuelle dans leurs analyses que par injection excessive de facteurs émotionnels là où la raison devait gouverner. Au final, tout le monde y perd, à part, bien entendu, quelques charognards. Nous proposons dans les lignes qui suivent une lecture sans tabous des enjeux électoraux à venir.

LES OBJECTIFS

Les objectifs annoncés du processus électoral sont la fin de la crise de légitimité du pouvoir et l'instauration de la démocratie institutionnelle. Puisque la démocratie a pour âme le peuple, il a convient de s'enquérir des souhaits de ce dernier par rapport à ces élections. La volonté du peuple sur la question est simple: 1) un mieux-être sur le plan social et 2) prévention contre le péril rwandais. Tout le reste n'est que dispositifs juridiques et techniques de mise en oeuvre. C'est à l'aune de ces deux critères que le peuple évaluera le résultat des élections à venir.

Le mieux-être d'abord. C'est depuis 1960 que le peuple tout entier et les pays amis du Congo courent après ce rêve obstinément fuyant. La Conférence nationale souveraine n'avait pour finalité principale que cet objectif, même s'il fallait, pour des raisons pratiques, le décliner en termes plus tangibles de droits de l'homme, parité, développement économique, retraite, justice... Sous ce rapport, l'objectif opérationnel prenait le nom de «bonne gouvernance».

Pendant que le Hcr-Pt se vautrait dans le conflit fratricide entre Mobutistes Tshisekedistes, un troisième homme est venu, «pour libérer le peuple». L'histoire démontra vite que dans le ventre du cheval de Troie de Laurent-Désiré Kabila se cachait un autre colonisateur, le voisin rwandais. Le divorce entre le président auto-proclamé du Congo et ses anciens alliés rwandais ne fut pas long à intervenir. Ceux-ci n'ont pas hésité à entreprendre, sous le commandement de James Kabarehe, une opération militaire audacieuse qui avait pour but de prendre la capitale congolaise. N'eut été le sursaut et la résistance des enfants de Masina et N'Djili, le Rwandais aurait installé un homme à lui à la tête du pays. Le répit fut cependant de courte durée. Peu après, le président Kabila mourait assassiné dans son palais. On ne peut pas empêcher les Congolais de regarder par-delà les montagnes de l'Est. Quelques-uns qui se faisaient fils du pays, en tête desquels le Munya Mulenge Bizima Karaha, montrèrent clairement leur parti pris pour les agresseurs du Congo. C'est ainsi que, sans être xénophobe, le Congolais en général nourrit une méfiance légitime envers tous ceux qui peuvent être les alliés de Kigali.

LE PERIL RWANDAIS

Depuis 1997 donc, le péril rwandais est devenu une réalité dans la donne politique congolaise. Il faut certes résoudre le problème avec responsabilité, sans verser dans la paranoïa, mais balayer la question du revers de la main est une insulte au peuple congolais, qui vit paisiblement avec les Bazombo d'Angola, les Balari du Congo-Brazza, les Babemba de Zambie, les Bazande de Centreafrique et d'autres peuples qui s'intègrent avec lui.

A la mort brutale de Laurent-Désiré Kabila, un nouveau président fut propulsé à la tête du pays, on ne sait trop ni par quel mécanisme légal, ni par qui, ni pourquoi. Ce qui frappa le Congolais moyen lors du discours d'investiture de celui que la plupart découvraient comme fils du défunt président, fut son très jeune âge, son français hésitant, son accent et sa morphologie qui, aux dires de beaucoup, sentaient le Rwanda à mille lieux. Un cv sulfureux accidentellement happé de fardes confidentielles d'une délégation du ministre belge des Affaires étrangères lors d'une visite de ce dernier à Kinshasa divulgua des informations qui jetaient le doute sur la biographie officielle qui était faite de lui. De son exil européen, Honoré Ngbanda, ancien bras droit et homme de renseignements de Mobutu, enfonce régulièrement le clou en exigeant des tests d'Adn pour prouver que Kabila fils n'est pas le fils de Kabila Père.

La réaction du camp du pouvoir, qu'elle soit sous la forme de silence («Le chien aboie, la caravane passe», a déclaré malencontreusement Josepn Kabila, il y a peu), de diatribe contre le ministre belge ou de serments de parents et amis Katangais, n'a jamais convaincu. Si bien qu'aujourd'hui, il n'y a pas beaucoup à rétorquer à Honoré Ngbanda qui affirme dans ses livres et ses interventions que les alliés de Rwanda se trouvent au plus haut sommet de l'Etat.

Avec Joseph Kabila, le vice-président de la transition Azarias Ruberwa est régulièrement accusé d'être l'homme de Kagame. Depuis l'entrée en scène du mouvement rebelle Rcd à partir de Goma, Azarias Ruberwa s'est toujours montré réservé là où tous les autres Congolais employaient des mots durs envers le pouvoir de Kigali. Devant les massacres à répétition des Congolais à l'Est, les viols, les exactions de toute sorte, il se montre particulièrement conciliant. Quelle ne sera la surprise de tous les Congolais de le voir sortir de sa réserve habituelle et menacer de quitter le cadre consensuel du 1 +4 lorsque la faux de l'exterminateur visita son village et ses proches. Ruberwa serait-il donc plus sensible aux malheurs des Banya Mulenge que des autres Congolais?

ELECTIONS : ENJEUX NATIONAUX ET GEOPOLITIQUES

Le contexte grossièrement planté, voyons maintenant comment articuler l'ensemble au regard des différents acteurs.

Joseph Kabila, futur président élu? Ce n'est pas souhaitable. Les mystères qui continuent à planer sur sa filiation à Kabila Père et sur sa nationalité, que son silence ne contribue pas à éclaircir intensifieront dans le coeur des Congolais le sentiment anti-rwandais, ou anti-tutsi et par la même occasion, le sentiment anti-Occidentaux. Les Congolais estiment, en effet, que l'Occident cherche à imposer au Congo un candidat étranger afin de le manipuler à souhait et piller le pays avec sa complicité. D'autre part, la très calamiteuse gouvernance du 1 +4, avec la grogne sociale qui a été désamorcée d'extrême justesse, en temps que préfiguration de ce qui pourrait advenir sous son mandat, ne plaide pas en sa faveur.

Azarias Ruberwa. Sa grande intelligence est reconnue et saluée de tous, mais elle n'efface absolument rien de la méfiance liée à ses accointances avec Kigali.

Le poids des autres vices-présidents du 1 +4 ne mérite pas qu'on s'attarde sur leur candidature. Dans l'ensemble, le seul point à l'actif du 1+4 est d'avoir laissé se faire la paix. Pour le reste; ses membres se sont mis en porte-à-faux avec le peuple par le pillage et l'incompétence.

L'opposition politique ne présente malheureusement pas une alternative crédible au pouvoir actuel. Son fer de lance, l'Udps d'Etienne Tshisekedi se vieillit s'est distinguée dernièrement par des choix stratégiques catastrophiques qui le mettent pratiquement hors course et dont il lui sera difficile de se remettre. Le divorce avec le Palu d'Antoine Gizenga, deuxième poids lourd de l'opposition, finit de miner le semblant d'unité de l'opposition qui a fait illusion pendant un moment. Si bien que l'opposition partira en ordre dispersé aux élections, ce qui profitera, comme toujours dans ce cas, au pouvoir en place.

Quelques plate-formes politiques se sont créées pour proposer une alternative. La plus importante d'entre elles, la Codeco, autour du candidat président Pay Pay wa Siakasighe, paraît comme un remix 2005 de l'Udi chère à Kengo wa Dondo, du temps de la Cns. C'est la branche politique de la haute finance nationale et internationale. Pourquoi ces hommes d'affaires se mettent-ils ensemble? D'abord (uniquement ?) pour sécuriser leurs affaires. Ils prennent soin d'attirer dans leur giron quelques figures jeunes pour donner le change. Si, avec la puissance de leurs fortunes, ces politiciens. économiques arrivaient à faire un score honorable au premier tour, même de trois pour cents, ils auront atteint leur but, parce qu'ils se seront mis en position de négocier leurs voix avec le futur pouvoir, peu importe qu'il se nomme Pprd ou Udps. Le dindon de la farce, une fois de plus, ce sera le peuple; il suffira d'invoquer pour le satisfaire le besoin de réconciliation nationale ou la real p olitik.

Et la Communauté internationale dans ce jeu? Elle est accusée de vouloir imposer ses hommes au Congo, notamment Joseph Kabila, Il est probablement plus juste de dire, vulgairement parlant, qu'elle se fout de qui sera le futur président de la Rdc». Son seul souci, du reste légitime en relations internationales, est de savoir si elle peut récolter des dividendes de son engagement financier au Congo. Les discours populistes à la sauce d'un nationalisme ringard que tiennent des leaders à bout d'inspiration est ce qui renforce ce sentiment que Joseph Kabila est le poulain des Occidentaux. La vérité est que le Congo n'a jamais su présenter une alternative crédible pour toutes les parties.

LE SALUT QUI ... VIENT DE ROME

Les scénarios évoqués sont tous négatifs pour le peuple, et en conséquence pour tout le monde, à terme. L'histoire des quarante-cinq ans de l'indépendance du Congo doivent inciter à se méfier des solutions provisoires. Il y a moyen de trouver une solution qui bénéficie au peuple congolais et à la Communauté internationale: mettre un prélat à la tête du pays, pour ce qui sera, en réalité, un gouvernement de transition sur cinq ans.

En effet, la démocratie que les uns et les autres font profession de promouvoir a comme loi suprême l'intérêt du peuple. Toute personne bien pensante qui apprécie la situation politique du Congo sait qu'il n'y a aucune solution à espérer des politiciens congolais, qu'ils soient du pouvoir ou de l'opposition. Pour les départager, il faut une autre personnalité de la société civile. Monseigneur Laurent Monsengwo Pasinya est justement pressenti à ces fonctions depuis toujours, et aujourd'hui plus encore qu'hier. Mais il y a des obstacles.

Le premier obstacle est la résistance des politiciens, qui verront en lui un empêcheur de tourner en rond. Le deuxième et le plus important est la peur. L'Eglise catholique a peur. Les arguments liés au Droit canon ne sont en réalité que les excuses de celui qui a peur, car le Droit canon n'interdit pas de manière absolue à un évêque de solliciter un mandat politique; elle laisse une ouverture pour des cas exceptionnels, qui nécessitent une autorisation spéciale du Pape. Mais est-il encore besoin de démontrer que le Congo court à l'implosion? Ne suffit-il pas des millions d'enfants qui meurent faute de soins médicaux appropriés, des enseignants clochardisés, des jeunes désoeuvrés, des femmes violées?

L'Eglise catholique semble traumatisée par l'expérience du Père Aristide en Haïti. Comment est-ce que les évêques qui ont adressé aux croyants catholiques et aux hommes de bonne volonté une lettre pastorale intitulée «Pourquoi avoir peur?» se laissent paralysés par la peur de l'échec? Les fidèles catholiques et les hommes de bonne volonté répliquent à leur tour aux évêques: «Pourquoi avoir peur?». Ce qu'il faut, c'est tirer les leçons que l'on peut tirer de l'expérience haïtienne et aller de l'avant. Arrêter l'image sur l'échec est une erreur qui peut avoir de très graves conséquences psychologiques, notamment l'inhibition.

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Une autre dimension de cette peur est la crainte que le candidat de l'Eglise ne gagne pas aux élections. Peur absurde, quand on connaît le coeur des Congolais qui ont pris en aversion les hommes politiques. Si chaque paroisse essayait de poser la question à ses oies, sur la candidature de Monseigneur Monsengwo, tout le monde serait édifié. Ce qui est dommage c'est que la question est volontairement évitée et devient une question tabou au moment où toutes les questions d'actualité sont discutées à haute voix dans les églises. Ceci est une forme de confiscation de la démocratie au sein de l'église.

Monseigneur Monsengwo est l'homme qui peut, par son charisme, son intelligence et sa connaissance du monde politique congolais, siffler la fin de la récréation dans les rangs des politiciens, rassurer les actuels occupants du pouvoir et la Communauté internationale sur leurs préoccupations. Voilà pourquoi elle suggère que les curés des paroisses abordent ouvertement la question avec leurs fidèles. Elle sait, pour l'avoir fait, que la réponse ne peut être que positive, et c'est peut-être pour cela que certains refusent ce débat. Puisse le Saint Esprit préserver l'Eglise du péché par omission (non assistance à personne en danger).

Posté par Content Wilnet

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Selon l’Agence en ligne Clave Digital le gouvernement de transition d’Haiti avait effectue des demarches diplomatiques aupres du ministere public dominicain mercredi dans la soiree afin que les cadavres des 25 ressortissants haitiens decedes lors de la tragedie de Navarrete dans la soiree de mardi, soient enterres en territoire dominicain afin d’eviter des reactions de la population haitienne. 

La demande haitienne a ete acheminee par le vice cónsul Gerard Cassamayor a Santiago par le biais de Franck Soto responsable du departement contre le trafic illicite d’immigrants. Soto a d’autre part conclu l’achat des cerceuils pour le compte des autorites dominicaines. 

L’ancien Charge d’Affaires a Santo Domingo haitien Jean Bertin au cours d’une intervention telephonique au programme “La hora de Consuelo” a qualifie de “grave irresponsabilite” la conduite des autorites haitiennes. 

A date aucune reaction des representants diplomatiques haitiens a ete enregistree. Le president Leonel Fernandez a exprime ses condoleances au president provisoire Boniface Alexandre ainsi qu’au premier ministre Gerard Latortue. De meme le Chef de l’Etat dominicain a mis sur pied une commission d’enquete composee du Secretaire d’Etat des Forces Armees, du Chef de la Police, du Procureur General et du Directeur de l’ Immigration. 

Les corps des victimes n’ont pas pu etre identifies vu qu’ils etaient des “sans papier”. Selon les informations diffusees par les medias dominicains, notamment au programme “La hora de consuelo” aucune disposition officielle pour une sepulture chretienne des cadavres apres identification des corps par leurs parents ou proches en territoire haitien avait ete prevue, ce qui aurait souleve la colere de la population de Ouanaminthe au moment ou des ouvriers et responsables dominicains s’appretaient a les inhummer dans une fosse commune hier jeudi. Ils ont ete finalement enterres a Dajabon apres des prieres effectuees par le pretre jesuite Regino Martinez. “Le gouvernement haitien a traite ces gens comme des betes” a lache laconiquement Consuelo Despradel au cours de son programme. 

De meme les animateurs du programme radiophonique "Le gouvernement du soir" ont fortement critique les autorites haitiennes apres l'intervention du Chauffeur qui a transporte les cadavres a Ouanaminthe et a explique qu'il a du pour sauver sa peau abandonne trois cadavres au cimetiere de Ouanaminthe "Ce qui s'est passe en Haiti et le comportement des autorites haitiennes est inconcevable dans une societe civilise...incroyable mais vrai" a declare Juan TH. 

D’autre part le reseau Jacques Viau qui regroupe pres d’une quizaine d’ONGs dominicaines et haitiennes branchees sur le probleme migratoire entre les deux pays, avait depeche sur les lieux une commission d’enquete qui prepare un rapport sur les evenements pour determiner les niveaux de responsabilites des deux Etats et gouvernements dans ce drame

Orlando Ramos/clave digital de Agence en ligne

Poste

Par content wilnet

Agence Négritude de presse

Nouvelles Nationales et internationales

Lettre ouverte de Mme Lilas Desquiron, ancienne ministre de la Culture d’Haïti, à M. Jean-Claude Bajeux, un Haïtien qui s’était indigné auprès de M. Douste-Blazy, ministre des Affaires étrangères français, de la nomination de Claude Ribbe à la Commission nationale consultative des Droits de l’Homme sous prétexte qu’il a soutenu M. Jean-Bertrand Aristide, président de la République d’Haïti.

 Lettre ouverte à Jean-Claude Bajeux,
                        
                Monsieur,
        La lecture de votre lettre à M. Douste Blazy,
Ministre des Affaires Etrangères français, m’a remplie
d’hilarité. Comment pouvez-vous ignorer le dédain que
ne peut manquer d’éprouver ce ministre devant la
servilité et le manque de fierté nationale ?
Rochambeau lui-même avait manifesté son respect à un
adversaire digne et courageux…Je  ressens de la pitié
pour vous tous, " intellectuels " haïtiens, qui vous
placez en position de laquais devant la France, son
ambassade et ses institutions, car vous ne recevrez,
avec quelques maigres deniers, que le mépris que vous
méritez.
     Imaginez vous que, par la seule magie des mots,
vous puissiez transformer des mensonges en parole
d’évangile ? Par la force brutale, vous, vos pareils
et vos maîtres, avez renversé le président légitime et
élu du pays. Imaginez vous que vos pauvres paroles
feront croire que la légitimité est de votre côté ?
     Les prisons étaient vides sous le gouvernement du
Président Aristide, vous, vos pareils et vos maîtres,
les avez remplies de prisonniers politiques. Sans même
une parodie de jugement, le Père Jean-Juste, So Anne,
Yvon Neptune, Jocelerme Privert et tant d’autres,
anonymes, dont le peuple vous demandera compte,
croupissent dans vos geôles ; sans oublier tous ceux,
morts pour leurs idées, alors que circulent en toute
impunité des tueurs recherchés internationalement, que
le gouvernement en place a sacrés " combattants de la
liberté ", sans que vous (et vos amis défenseurs des
Droits de l’Homme) n’ouvrissiez la bouche.
.
     Le peuple, frustré du fruit de son juste combat,
face à des bandes armées d’assassins fascistes (des
vraies celles là, menées par des criminels de droit
commun notoires), soutenues par les forces
internationales et les compradores : la lutte semble
inégale ! Mais on a déjà vu pareille improbable
victoire s’imposer à la face du monde. 
     La population entière vous a entendus baver votre
haine et vos mensonges, en toute sécurité sur tous les
medias pendant le mandat du " dictateur ". Une fois de
plus, il ne suffit pas d’énoncer une contre-vérité
pour la rendre vraie. Qui sont les journalistes
emprisonnés et torturés par le " tyran "? Ne ressortez
pas Jean Dominique, assassiné crapuleusement. Vous ne
semblez plus vous soucier de ce malheureux cadavre,
maintenant qu’il ne sert plus vos desseins. Personne
n’a remarqué que le procès de ses assassins n’a jamais
eu lieu.
     Vous avez été complices de l’asphyxie économique
du gouvernement du peuple par l’Empire et vous
voudriez faire croire que ses maigres ressources
venaient du trafic de la drogue ? Vous souhaitiez que
le Président Aristide  fut acculé à cette extrémité…
Mais quand cesseront les imprécations pour faire place
aux preuves ?
     Vous êtes complices des hordes nationales et
internationales qui assassinent en masse, une fois de
plus, les exclus de ce pays que vous appelez
"chimères " pour ne pas reconnaître qu’ils sont la
majorité. Et vous voudriez faire croire que ce peuple
est avec vous ? Mais les viols, les exécutions
sommaires, les meurtres de femmes Centre Œcuménique des Droits de l’Homme "
ainsi que les autres ONG du même tonneau, vous êtes
étrangement silencieux sur les violations des Droits
de l’Homme dont sont victimes aujourd’hui vos
concitoyens et que dénonce  quotidiennement Amnesty
International.
     Pour finir, vous envoyez votre pauvre dictée au
ministre des affaires étrangères français, vous faites
le délateur. Vous dénoncez la nomination, au Conseil
Consultatif des Droits de l’Homme, d’un frère qui,
lui, offre l’image d’un fier combattant pour la
dignité de sa race.  Que c’est pitoyable ! Cette
triste lettre, ainsi que votre comportement honteux en
2004, année du Bicentenaire de notre Indépendance,
resteront dans nos mémoires comme des actes indignes.
Je tiens à faire savoir ici qu’il existe des Haïtiens,
nombreux, dont la colonne vertébrale  est restée
verticale et qui seront toujours du côté de ceux qui
luttent pour leur souveraineté.
   Sans doute, en lisant cette lettre, vous
précipiterez-vous chez vos maîtres, pour vous livrer à
une et d’enfants dans
les quartiers populaires, le peuple, lui, sait qui en
sont les auteurs. Et d’abord, Jean-Claude Bajeux, vous
et votre " nouvelle délation. Je vous épargne cette peine en
la rendant publique.
             
            J’ai l’honneur, monsieur, de ne pas vous
saluer.
                                                     
                                
Lilas Desquiron

Posté par Content wilnetAGENCE NEGRITUDE DE PRESSE

 

Ahmadinejad dans la surenchère négationniste

Mais jusqu’où ira-t-il ? Indifférent au tollé suscité par la virulence de ses récentes attaques contre Israël et le peuple juif, le président ultraconservateur iranien a récidivé mercredi en niant purement et simplement l’Holocauste, estimant qu’il ne s’agissait là que d’«un mythe». Belliqueux, Mahmoud Ahmadinejad a aussi réaffirmé que son pays ne céderait pas d’«un iota» dans les négociations qui doivent reprendre la semaine prochaine avec les Européens sur le programme nucléaire que Téhéran cherche à développer.  

Le chef de l’Etat iranien a une nouvelle fois minutieusement orchestré sa sortie. Son discours, prononcé devant plusieurs milliers de personnes rassemblées à Zahedan, dans le sud-est  du pays, a en effet été retransmis à la télévision publique. Et si les images d’une foule survoltée scandant «Dieu est grand» à chacune de ses déclarations avaient pour objectif de faire la démonstration de sa popularité et de faire taire ses opposants, elles étaient avant tout un message clair à la communauté internationale qui a multiplié ces derniers jours les condamnations de ses propos antisémites. Sur le fond, Mahmoud Ahmadinejad n’a rien dit de plus que ce qu’il avait déjà affirmé la semaine dernière à La Mecque, en marge du Sommet de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), lorsqu’il avait laissé entendre que l’extermination des six millions de juifs par les nazis était une légende. Une déclaration qui lui a valu une vive condamnation du Conseil de sécurité des Nations unies.

A Zahedan, le très conservateur président iranien a donc non seulement réitéré sa thèse négationniste, mais il a surtout adapté son discours à la compréhension d’une foule  visiblement fanatisée. «Les Occidentaux ont inventé le mythe du massacre des juifs et le placent au-dessus de Dieu, des religions et des prophètes. Et si quelqu’un dans leur pays met en cause Dieu, on ne lui dit rien ; mais si quelqu’un nie le mythe du massacre des juifs, les haut-parleurs sionistes et les gouvernements à la solde du sionisme commencent à vociférer», a-t-il lancé à des milliers de personnes qui buvaient littéralement ses paroles. Surfant sur le thème très porteur du dossier palestinien, il a une nouvelle fois remise en cause l’existence même de l’Etat d’ Israël. «Si vous dites que vous avez massacré et brûlé six millions de juifs durant la Seconde Guerre mondiale, si vous avez vraiment commis ce massacre, pourquoi ce sont les Palestiniens qui doivent en payer le prix ? Pourquoi avoir créé un régime sioniste factice», a-t-il ajouté avant de ni plus ni moins redessiner la carte du monde. «Notre proposition est celle-là : donnez un morceau de votre terre en Europe, aux Etats-Unis, au Canada ou en Alaska pour que les juifs créent leur Etat. Et soyez certain que si vous faites cela, le peuple iranien ne protestera plus contre vous et soutiendra votre décision», a-t-il suggéré sous les acclamations de la foule.
Une logique de confrontation

Cette nouvelle surenchère négationniste du président iranien intervient à une semaine de la reprise des négociations avec la Troïka européenne –Allemagne, France, Royaume-Uni– portant sur le programme nucléaire que le régime de Téhéran cherche à développer. Mahmoud Ahmadinejad a d’ailleurs saisi l’occasion de son discours de Zahedan pour donner le ton. Son pays, a-t-il lancé, ne cédera jamais sur le nucléaire. «Nous avons fait l’expérience de votre attitude passée et nous n’allons plus être dupes de vos propagandes mensongères», a-t-il déclaré en faisant référence à la proposition des trois Européens de fournir du combustible nucléaire à l’Iran s’il renonce à son programme d’enrichissement d’uranium.

Les propos du chef de l’Etat iranien ont une nouvelle fois provoqué l’indignation générale. Les condamnations se sont multipliées tout au long de la journée : «scandaleux», «inacceptable», «honteux», «qui ne contribue en rien à la paix». Autant de mots qui semblent laisser totalement indifférent le régime de Téhéran. Car en réitérant ses appels en faveur de la destruction d'Israël et en niant, à deux reprises et en moins d’une semaine, l'Holocauste, le président Ahmadinejad semble être entré dans une nouvelle logique, celle d’orienter son pays vers une confrontation avec l'Etat hébreu et l'Occident. Car le doute n’est désormais guère plus permis. Par leur récurrence et leur virulence, les propos antisémites et négationnistes du chef de l’Etat iranien démentent ce que l’on a dans un premier temps considéré comme des erreurs de débutant, Ahmadinejad n'ayant remporté à la surprise générale l’élection présidentielle iranienne qu'en juin dernier. «Ces déclarations vont au-delà de ce qui est politiquement admis, a ainsi déclaré à l'AFP un diplomate européen en poste à Téhéran. Au début, nous pensions qu’elles étaient dues à son manque d'expérience, qu'elles constituaient des gaffes ou visaient l'opinion publique intérieure. Mais il apparaît désormais qu'il a une attitude de confrontation et une rhétorique extrémiste qui visent clairement à provoquer la communauté internationale. Et il a réussi».

Cette analyse est largement partagée par de nombreux observateurs de la scène politique iranienne. «Le chef de l’Etat cherche la confrontation avec l'Occident et ce d'autant plus qu'il sait que ses déclarations sont très bien accueillies dans les couches les plus défavorisées aussi bien en Iran que dans le monde arabo-musulman», a ainsi expliqué l’analyste Saïd Leylaz. Et d’ajouter relativement confiant : «Mahmoud Ahmadinejad a le sentiment que de telles déclarations renforcent son pouvoir. Mais ce sera de courte durée. Le populisme n'a jamais eu une longue vie. Il arrive avec force, mais ne dure pas».

Mounia Daoudi

Photo : AFP)

Posté par content Wilnet 15/12/05

www.radionegritude.com  / 16/12/2005

République démocratique du Congo

 Derrière le référendum, la présidentielle

 

Instruits ou à peine alphabétisés, les quelque 25 millions d’électeurs congolais des villes et des champs regrettent la maigre diffusion du projet de Constitution soumis à référendum le 18 décembre. «Votez massivement, oui ou non, mais votez», leur répète inlassablement le président de la Commission électorale indépendante (CEI), l'abbé Apollinaire Malu Malu, faisant miroiter une «chance historique de décider de l'avenir du pays». Il est vrai que l’appel des urnes est fort, après quarante ans de muselière politique, pour cause de dictature mobutiste puis de guerres civiles et régionales. Mais pour exercer pleinement son pouvoir de citoyen, encore faut-il avoir lu la future charte fondamentale. Ce n’est pas toujours le cas, loin s’en faut. Adopter le texte sans plus attendre est pourtant le seul moyen de précipiter la fin de la transition et d’en arriver à la présidentielle.

 

Rédigé en français, le projet de Constitution a été traduit dans les quatre langues nationales (lingala, swahili, kikongo et tshiluba). Aux électeurs qui se plaignent de ne pas avoir vu le texte de près, la CEI répond qu’elle l’a diffusé à «près de 500 000 exemplaires», mettant en circulation autant de «guides de vulgarisation». Au passage, la CEI égratigne la classe politique, lui reprochant de se réveiller «bien tard, à quelques jours du référendum». «On ne les pas entendus avant», assure l’abbé Malu Malu. Toujours est-il qu’à la veille du scrutin, nombre de Congolais ne savaient toujours pas que le Congo nouveau sera «un Etat unitaire décentralisé», gouverné par un régime semi-présidentiel, ou bien encore qu’il ne reconnaîtra pas la double nationalité.

Un texte inspiré par l’histoire récente

Les rédacteurs ont visiblement pesé leurs mots et leurs orientations après les décennies troublées par les querelles en nationalité, les guerres ou le pillage des richesses nationales. Quant à l’idée d’un Etat fédéral, débattue par la Conférence nationale au début des années quatre-vingt-dix, elle cède finalement le pas à celle d’une décentralisation qui prend la forme d’un découpage en 25 provinces (contre 11 actuellement), outre la métropole de Kinshasa. Promises à une large autonomie, ces provinces devraient être financièrement auto-suffisantes à 40%, une caisse de péréquation nationale permettant l’alignement des recettes entre régions plus ou moins bien naturellement dotées.

«Le sol et le sous-sol appartiennent à l’Etat». Une mention spéciale exige des autorités locales ou nationales «le devoir de sauvegarder la souveraineté et l’unité nationale» sur l’ensemble du territoire. Pluralisme politique, séparation des pouvoirs exécutif et législatif, instauration d’un principe de parité des genres dans les institutions, inscription des violences sexuelles comme des crimes contre l’humanité, le texte opte aussi pour un système semi-présidentiel, prévoyant le suffrage universel pour une magistrature suprême limitée à deux quinquennats.

Le président de la République doit nommer un Premier ministre issu de la majorité parlementaire. Avant de prendre les grandes décisions, proclamation de l’état d’urgence ou déclaration de guerre, le président est censé se concerter avec le gouvernement et avec les représentants du Sénat et de l’Assemblée nationale. Mais il peut dissoudre l’Assemblée en cas de crise insoluble entre cette dernière et le gouvernement.

Grand comme l’Europe occidentale, balkanisé, le Congo ne s’est pas encore remis de l’insécurité et du désordre provoqués par les rébellions de tous poils, surgies au milieu des années quatre-vingt-dix et qui cohabitent, plus ou moins mal, avec les rebelles rwandais ou ougandais. Les 40 000 bureaux de vote devraient pourtant avoir reçu leurs kits électoraux, à temps pour le scrutin prévu dimanche, entre 5 heures et 16 heures (temps universel). Des prolongations pourront éventuellement être acceptées, lundi, pour «résorber d'éventuelles files d'attentes».

Pour sa part, l’opposant historique, le chef de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Etienne Tshisekedi, invite les électeurs à rester chez eux. Des manœuvres politiques l’ont exclu de la transition, en 2003, au profit du chef d’un micro-parti, Arthur Zahidi Ngoma. Ce dernier occupe le quatrième siège de vice-président, dévolu à l’opposition civile. Aujourd’hui, Tshisékédi estime que le référendum est «organisé dans le cadre d'un processus électoral et politique exclusif, vicieux, injuste et manifestement non productif». Il demande à ses militants de «ne pas cautionner cette trahison par leur participation au vote».

En dehors de l’UDPS, la plupart des partis politiques appellent à un vote massif en faveur du texte. Son rejet compromettrait la suite du calendrier électoral révisé le 15 décembre dernier par le Parlement bicaméral. Les deux chambres se sont accordées pour prolonger à nouveau de six mois la transition dont le terme devait échoir le 1er janvier prochain. L’étape du référendum franchie, les élections présidentielles, législatives, sénatoriales et locales pourraient donc se tenir d'ici juin 2006. A défaut, ce sera le vide institutionnel. L’enjeu est crucial et les éléphants battent déjà campagne présidentielle.

A la veille du scrutin, le 15 décembre, le président Joseph Kabila, a jeté son dévolu sur Bukavu, la cité lacustre chef-lieu du Sud-Kivu, dans l'Est hautement stratégique d’où son père partit en 1996 à la conquête de Kinshasa. Joseph Kabila était assuré d’un triomphe médiatisé pour sa première visite de chef d’Etat dans cette province déchirée par les métastases du conflit rwandais et par les convoitises internationales. Au passage, il s’est sans doute beaucoup plu à damer le pion de son deuxième vice-président, Azarias Ruberwa, président du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD). Le RCD est implanté dans ce turbulent terroir depuis la fâcherie entre Kabila père et ses alliés rwandais et rwandophones, en 1998. La transition a permis aux Congolais de quitter le terrain militaire en 2003. Elle reste une lice politique où les joutes n’ont jamais cessé.

Entre l’appel au boycott de l’UDPS et la lassitude manifeste des Congolais vis-à-vis de la transition et de son attelage composite, le taux de participation permettra de prendre le pouls du pays. Mais le véritable enjeu, c’est moins le contenu que l’adoption du texte constitutionnel. Celle-ci est la condition sine qua non de la suite électorale, du moins telle qu’annoncée. Dans cette perspective présidentielle, les anciens belligérants qui participent à la transition, mais aussi des revenants du mobutisme, se taillent des croupières.

Monique Mas de rfi

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